La radiofréquence des varices est une technique qui ferme une veine variqueuse de l’intérieur grâce à la chaleur, sans l’enlever par une incision. Elle fait partie des traitements endoveineux thermiques, au même titre que le laser. Cet article suit le parcours du patient, de la consultation aux suites, en expliquant ce que fait réellement cette technique, pour qui elle est pensée et quelles sont ses limites.
En bref : la radiofréquence des varices consiste à introduire un fin cathéter dans la veine malade, sous contrôle échographique, puis à la chauffer pour provoquer sa fermeture. L’indication est posée après un écho-Doppler veineux, et la technique ne convient pas à toutes les veines. Elle reste une option parmi d’autres : laser, sclérothérapie, chirurgie ou échothérapie HIFU.
Radiofréquence des varices : de quoi parle-t-on ?
Une veine devient variqueuse lorsque ses valvules, de petits clapets qui empêchent le sang de redescendre vers les pieds, ne ferment plus correctement. Le sang reflue alors dans la veine, qui se dilate et s’allonge. On parle de reflux veineux. Tant que ce reflux persiste dans la veine saphène (le grand tronc veineux qui longe la cuisse ou le mollet), les varices ont tendance à revenir, même si l’on traite seulement les branches visibles.
La radiofréquence endoveineuse est une technique qui détruit la paroi d’une veine défaillante par la chaleur d’un courant électrique de haute fréquence, délivré par un cathéter placé dans la veine. La paroi se rétracte, la veine se ferme, puis elle est progressivement résorbée par l’organisme. Le sang est alors redirigé vers les veines saines. Selon la page du site consacrée à l’opération des varices (laser endoveineux, radiofréquence, chirurgie), le Dr Seban choisit la méthode selon la taille, le trajet et la profondeur des veines atteintes.
Étape 1 : la consultation et l’écho-Doppler veineux
Tout commence par un interrogatoire et un examen des jambes, debout puis allongé. Vient ensuite l’écho-Doppler veineux, un examen par ultrasons, indolore, qui permet de visualiser les veines et de mesurer le reflux. C’est cet examen, et non l’aspect des varices, qui décide de la technique : diamètre de la veine, trajet, présence de zones très tortueuses, antécédents de phlébite.
En consultation, ce que l’on vérifie à l’écho-Doppler est assez concret : la veine saphène est-elle rectiligne et accessible, sa paroi est-elle suffisamment éloignée de la peau pour que la chaleur ne l’atteigne pas, existe-t-il des veines de contournement ? Les questions les plus fréquentes des patients portent sur la douleur, les cicatrices, la reprise du travail et le risque de récidive. Elles méritent des réponses adaptées à chaque anatomie, ce qu’un article ne peut pas faire.
Étape 2 : le déroulement du traitement
Sous guidage échographique, le médecin ponctionne la veine à travers la peau, avec une aiguille fine, puis y fait glisser le cathéter jusqu’à la zone à traiter. Une solution anesthésique diluée est ensuite injectée le long de la veine : elle endort les tissus voisins et les protège de la chaleur. Le cathéter est alors activé et retiré progressivement, segment par segment, pour fermer la veine sur toute sa longueur.
Les principales étapes se résument ainsi :
- repérage de la veine à l’échographie et anesthésie locale de la peau ;
- introduction du cathéter par une ponction, sans grande incision ;
- injection de l’anesthésique autour de la veine ;
- chauffage et fermeture de la veine, sous contrôle échographique ;
- pose d’un pansement et, le plus souvent, d’une contention.
Les varices superficielles volumineuses restantes peuvent être traitées dans le même temps ou plus tard, par sclérothérapie ou par de petites incisions (sclérothérapie des varices : principe, indications et limites). La durée et l’organisation de la séance varient selon les veines concernées et sont précisées lors de la consultation.
Étape 3 : les suites et la surveillance
La marche est encouragée dès la fin du traitement, car elle favorise la circulation dans les veines profondes. Une contention (bas ou bandes) est souvent prescrite pour une durée déterminée par le médecin. Il est fréquent de ressentir une tension le long de la veine traitée, parfois un cordon dur sous la peau, et d’avoir quelques ecchymoses (bleus), qui s’estompent en général en quelques semaines.
Des effets indésirables sont possibles et doivent être connus : brûlure cutanée, atteinte d’un petit nerf sensitif (fourmillements ou zone engourdie, le plus souvent transitoires), inflammation de la veine, et, rarement, extension d’un caillot vers une veine profonde. Selon la situation, un traitement préventif peut être prescrit par le médecin. Un contrôle à l’écho-Doppler est prévu après le traitement pour vérifier la fermeture de la veine, car la veine peut parfois se rouvrir. En cas de jambe devenant rouge, gonflée et douloureuse, d’essoufflement brutal ou de douleur thoracique, il faut consulter en urgence ou appeler le 15.
Radiofréquence, laser ou HIFU : comment choisir ?
Que disent les références ? En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu en 2023 un avis sur la radiofréquence appliquée à la petite veine saphène, jugeant la balance bénéfice/risque favorable et plaçant la technique au même niveau que le laser (HAS, occlusion de la petite veine saphène par radiofréquence, 2023). Pour la grande veine saphène, elle avait déjà recommandé un suivi des pratiques, en notant à l’époque un recul encore limité (HAS, traitement des varices par radiofréquence). Les recommandations européennes de la Société européenne de chirurgie vasculaire (ESVS, 2022) confirment la place de l’ablation thermique endoveineuse dans l’insuffisance des veines saphènes, les options non thermiques étant discutées avec le patient.
Le laser endoveineux et la radiofréquence reposent sur le même principe thermique, avec des résultats comparables dans les études disponibles ; le choix tient souvent à l’anatomie et à l’expérience de l’opérateur. L’échothérapie HIFU, traitement des varices sans chirurgie, agit autrement : des ultrasons focalisés ferment la veine à travers la peau, sans cathéter. Trois rappels s’imposent : elle ne convient pas à toutes les veines ni à tous les patients et l’indication se décide après un écho-Doppler veineux ; elle est plus récente que le laser et la radiofréquence, avec un recul plus court ; elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, et un devis est remis avant l’acte. Les conditions de prise en charge des autres actes se vérifient lors de la consultation.
Questions fréquentes
La radiofréquence des varices est-elle douloureuse ?
La ponction de la veine et l’injection de l’anesthésique autour d’elle peuvent être ressenties, mais le traitement lui-même est généralement bien toléré grâce à cette anesthésie locale. Une gêne ou une tension les jours suivants est fréquente. L’intensité varie d’une personne à l’autre.
Peut-on reprendre le travail rapidement ?
Dans la plupart des cas, la marche et les activités quotidiennes reprennent vite, car il n’y a pas de grande incision. Le délai de reprise du travail dépend du poste occupé et des consignes du médecin. Les efforts intenses ou la station debout prolongée sont parfois déconseillés temporairement.
Les varices peuvent-elles revenir après la radiofréquence ?
Oui, c’est possible. La maladie veineuse est évolutive, de nouvelles varices peuvent apparaître sur d’autres veines, et une veine traitée peut parfois se rouvrir. Un suivi par écho-Doppler permet de les détecter tôt.
Quelle différence entre radiofréquence et laser endoveineux ?
Les deux ferment la veine par la chaleur depuis l’intérieur. Le laser utilise l’énergie lumineuse d’une fibre, la radiofréquence l’énergie d’un courant électrique délivré par un cathéter. Les études disponibles montrent des résultats proches, et la décision repose sur l’anatomie veineuse.
Pour savoir quelle technique est adaptée à vos veines, un bilan veineux avec écho-Doppler est nécessaire. Le Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire et endovasculaire, reçoit à l’Hôpital Privé Pays de Savoie à Annemasse, et la consultation est aussi possible en visioconférence. Vous pouvez le contacter par la page contact ou prendre rendez-vous en ligne. Pour en savoir plus sur le praticien, consultez la page du Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire.
Cet article est une information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale : seul un examen clinique et un écho-Doppler permettent de proposer un traitement adapté à votre situation.