La sclérothérapie des varices consiste à injecter un produit dans la veine malade pour provoquer sa fermeture, sans incision ni anesthésie générale. Elle convient surtout aux petites et moyennes varices, et sa place dépend du calibre et du type de veine atteinte, ce que seul un écho-Doppler veineux permet de préciser. Cet article explique son mécanisme, ses indications, ses limites et sa place parmi les autres traitements.
En bref : la sclérothérapie est une technique médicale qui utilise un produit sclérosant, liquide ou en mousse, pour refermer une veine superficielle défaillante. Elle est surtout indiquée pour les varicosités, les veines réticulaires et certaines varices de petit ou moyen calibre. Les effets indésirables sont le plus souvent bénins et transitoires, mais la veine peut se rouvrir et des séances de rappel sont parfois nécessaires.
Sclérothérapie des varices : principe et mécanisme d’action
La sclérothérapie est un traitement qui consiste à injecter, dans une veine, un produit appelé sclérosant afin d’en provoquer la fermeture. Une varice est une veine superficielle dilatée dont les valvules, de petits clapets qui empêchent le sang de redescendre, ne ferment plus correctement. Le sang stagne alors, la pression augmente dans la veine et celle-ci se distend progressivement.
Le produit sclérosant agit sur la paroi interne de la veine, l’endothélium. Il provoque une inflammation locale contrôlée, puis la veine se rétracte, se transforme en un cordon fibreux et est progressivement résorbée par l’organisme. Le sang emprunte alors les veines saines voisines, dont les valvules fonctionnent. Le produit peut être injecté sous forme liquide, pour les veines les plus fines, ou transformé en mousse en le mélangeant à un gaz, ce qui lui permet de chasser le sang et de rester au contact de la paroi sur une plus grande longueur.
Pour les veines plus volumineuses ou non visibles à l’œil nu, l’injection est guidée par échographie : on parle de sclérothérapie échoguidée. L’image permet de suivre la diffusion de la mousse dans la veine, ce qui rend le geste plus précis et plus sûr.

À qui la sclérothérapie peut-elle être proposée ?
La sclérothérapie est classiquement utilisée pour les varicosités (les très fines veines rouges ou violettes de la peau), pour les veines réticulaires (de petites veines bleutées sous la peau) et pour certaines varices de petit ou moyen calibre. Dans son avis de 2018 sur une spécialité sclérosante, la Haute Autorité de santé rappelle d’ailleurs que l’indication porte sur la sclérose des varices de petit et moyen calibre (HAS, Commission de la transparence, 2018).
Pour les gros troncs, notamment les veines saphènes (les deux grandes veines superficielles de la jambe), la question est plus nuancée. Les recommandations de la Société européenne de chirurgie vasculaire (ESVS, 2022) placent, pour la petite veine saphène, l’ablation thermique endoveineuse (laser ou radiofréquence) avant la chirurgie et avant la sclérothérapie échoguidée à la mousse. Cette dernière reste une option pour les branches variqueuses, seule ou associée à la phlébectomie, une technique qui retire les varices par de minuscules incisions.
Dans tous les cas, le choix ne se fait pas sur l’aspect de la jambe. Il repose sur un bilan : l’examen clinique, puis l’écho-Doppler veineux, un examen par ultrasons indolore qui visualise le sens du flux sanguin et repère les valvules défaillantes. Selon le calibre de la veine, son trajet, les symptômes et les antécédents (notamment de thrombose ou d’allergie), la sclérothérapie pourra être proposée seule, associée à une autre technique, ou écartée.
En consultation, c’est l’écho-Doppler qui oriente la décision : on vérifie d’abord s’il existe un reflux dans un tronc saphène, car traiter uniquement les veines visibles sans traiter la source expose à une réapparition rapide. Les patients demandent souvent si la séance est douloureuse et s’il faudra la renouveler : la réponse dépend de chaque jambe. Le Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire et endovasculaire à Annemasse (Hôpital Privé Pays de Savoie), détermine la technique la plus adaptée à chaque situation, comme l’indique la page consacrée au traitement des varices : laser endoveineux, radiofréquence et chirurgie.
Déroulement : avant, pendant et après la séance
Avant la séance, le médecin vérifie les antécédents, les traitements en cours et les éventuelles allergies, puis réalise ou relit l’écho-Doppler. Certaines situations contre-indiquent ou font reporter le traitement, par exemple une thrombose veineuse récente, une allergie connue au produit, ou une grossesse. Aucun traitement, notamment anticoagulant, ne doit être modifié sans avis médical.
Pendant la séance, le patient est installé allongé. Le produit est injecté à l’aide d’une aiguille très fine, veine par veine ou point par point selon le cas. L’injection est généralement bien supportée et ne nécessite pas d’anesthésie générale ; une gêne ou une sensation de brûlure brève est possible. La séance traite en général une zone limitée : plusieurs séances peuvent être nécessaires.
Après la séance, une compression est le plus souvent appliquée, par bande ou bas de contention, et la marche est encouragée, car elle favorise la circulation dans les veines saines. Les consignes précises (durée de la compression, sport, soleil, conduite) varient selon le traitement et sont données par le médecin. Les étapes habituelles sont les suivantes :
- Consultation et écho-Doppler veineux pour décider de l’indication.
- Injection du sclérosant, éventuellement sous échographie.
- Compression et marche immédiate, selon les consignes reçues.
- Contrôle à distance pour vérifier la fermeture de la veine et décider d’une séance complémentaire.
Effets indésirables, limites et alternatives
Comme tout traitement, la sclérothérapie a des effets indésirables possibles. Les plus fréquents sont bénins : douleur au point d’injection, bleus, brunissement temporaire de la peau le long de la veine traitée, apparition de très fines veines rouges voisines, ou petite induration sur le trajet de la veine. Plus rarement : phlébite superficielle (inflammation d’une veine), allergie, ou, avec la mousse, troubles visuels ou maux de tête transitoires. La thrombose veineuse profonde (la phlébite) fait partie des complications classiques : elle peut être détectée précocement et traitée efficacement si nécessaire par l’opérateur, en réalisant rapidement un nouvel écho-Doppler.
Une jambe gonflée, rouge et douloureuse, un essoufflement brutal ou une douleur thoracique après une séance justifient de consulter sans attendre ou d’appeler le 15. Par ailleurs, la sclérothérapie ne guérit pas la maladie veineuse : elle traite des veines, mais la tendance aux varices peut persister, de sorte que de nouvelles varices peuvent apparaître avec le temps. Les résultats dépendent du calibre de la veine et de la technique, et une veine traitée peut se rouvrir.
Parmi les alternatives, le laser endoveineux et la radiofréquence ferment la veine par la chaleur en introduisant un cathéter, et la chirurgie retire ou ligature la veine. L’échothérapie HIFU, c’est-à-dire les ultrasons focalisés de haute intensité, ferme la veine à travers la peau, sans ponction ni cathéter : on peut en savoir plus sur le traitement des varices sans chirurgie par HIFU. Cette technique ne convient pas à toutes les veines ni à tous les patients, et son indication se décide après un écho-Doppler veineux. Elle est plus récente que le laser endoveineux et la radiofréquence, avec donc un recul plus court, et elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie : un devis est remis avant l’acte.
Aucune de ces options n’est supérieure en toutes circonstances : chacune a ses indications, ses limites et son niveau de preuve, et la stratégie associe parfois plusieurs techniques. La page sur la chirurgie vasculaire et ses techniques en donne une vue d’ensemble.
Questions fréquentes
Quel médecin pour scléroser les varices ?
La sclérothérapie est réalisée par un médecin formé à la pathologie veineuse, comme un chirurgien vasculaire ou un médecin vasculaire. Un écho-Doppler préalable est indispensable pour savoir si la technique est adaptée à vos veines.
La sclérothérapie fait-elle disparaître toutes les varices ?
Non, pas dans tous les cas. Elle ferme les veines traitées, mais de nouvelles varices peuvent apparaître avec le temps, car la maladie veineuse est évolutive. Des séances complémentaires sont parfois proposées.
Quels sont les effets secondaires de la sclérothérapie ?
Les effets les plus courants sont des douleurs légères, des bleus, un brunissement temporaire de la peau et de fines veines rouges voisines. Des complications plus rares existent (phlébite superficielle, allergie, thrombose profonde) : le médecin vous en informe avant la séance.
La sclérothérapie est-elle remboursée ?
La prise en charge dépend du produit, du type d’acte et de la situation. Il est prudent de poser la question avant la séance, afin de connaître le reste à charge éventuel.
Pour faire le point sur vos varices, vous pouvez prendre rendez-vous pour un bilan veineux avec écho-Doppler avec le Dr Guilhem Seban, à l’Hôpital Privé Pays de Savoie à Annemasse, ou en visioconférence : page de contact ou prise de rendez-vous en ligne.
Cet article est une information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale : seul un examen clinique et un écho-Doppler permettent de proposer un traitement adapté à votre situation.