Le stripping des varices, longtemps la technique chirurgicale de référence, consiste à retirer la veine saphène malade. Il reste utilisé dans certaines situations, mais il n’est plus aujourd’hui le seul choix : des techniques par laser, radiofréquence, sclérothérapie ou ultrasons permettent, chez de nombreux patients, de traiter la veine sans l’arracher. Cet article explique ce qu’est le stripping, ce qui a changé et comment se décide le traitement.
En bref : le stripping consiste à retirer la veine saphène défaillante par une courte incision. Les recommandations européennes de 2022 et l’évaluation de la Haute Autorité de santé (2016) placent aujourd’hui les techniques endoveineuses thermiques en bonne position face à lui lorsqu’elles sont réalisables. Le choix dépend toujours de l’écho-Doppler et de votre situation.
Le stripping des varices : de quoi parle-t-on ?
Le stripping est une technique chirurgicale qui retire la veine saphène (la grande veine superficielle de la jambe) devenue incompétente, c’est-à-dire dont les valvules ne ferment plus correctement. Il est presque toujours associé à une crossectomie, qui consiste à lier la veine à son abouchement dans la veine profonde, au pli de l’aine, pour couper la source du reflux. Le tout est réalisé au bloc opératoire, par de petites incisions, sous anesthésie. En général, une incision est réalisée dans le pli de l’aine et une autre au bas de la cuisse ou de la jambe. Après ligature, la veine est arrachée, littéralement, en introduisant un guide plus ou moins rigide qui sera retiré après y avoir attaché la veine.
La logique est ancienne et solide : dans l’insuffisance veineuse, le sang redescend dans la saphène au lieu de remonter vers le cœur. Cette pression anormale dilate les veines plus bas et crée les varices. Supprimer le trajet du reflux permet de soulager la veine. Le patient doit toutefois accepter les suites d’une chirurgie : ecchymoses, parfois des douleurs ou des troubles de la sensibilité localisés, et un temps de récupération variable.
Le stripping, qui n’est plus réalisé par le Dr Guilhem Seban que dans quelques rares cas, est générateur de récidive dans 30 % des cas et d’une reprise d’activité assez longue, avec des hématomes parfois importants et un risque d’infection et/ou de lymphorée de l’aine majoré chez les patients diabétiques ou en surpoids. Des atteintes de certains nerfs (nerf saphène interne par exemple) peuvent entraîner des douleurs ou des zones d’anesthésie après l’intervention.
Ce qui a changé : les recommandations
La Haute Autorité de santé (HAS) a évalué le laser endoveineux dans un rapport publié en décembre 2016. Elle rappelle que la crossectomie avec stripping était alors le traitement chirurgical de référence en France et que l’occlusion par laser ou par radiofréquence en constitue une alternative. Dans le cas de la petite veine saphène, la HAS a conclu que le rapport bénéfice-risque de la radiofréquence est favorable, à égalité avec le laser en première intention.
Au niveau européen, la Société européenne de chirurgie vasculaire (ESVS) a publié en 2022 de nouvelles recommandations sur la maladie veineuse chronique (De Maeseneer et coll., European Journal of Vascular and Endovascular Surgery, 2022). Selon les auteurs, l’ablation thermique de la grande saphène a démontré des résultats favorables au-delà de 5 ans de suivi, avec des résultats cliniques et une qualité de vie équivalents à la chirurgie, tout en entraînant moins de complications postopératoires et une récupération plus rapide. Ces conclusions s’appuient sur des études dont la taille et la durée de suivi varient ; elles ne dispensent pas d’une décision individuelle.
Les alternatives au stripping, en pratique
Chaque technique repose sur un principe différent et possède ses limites. Voici les principales options discutées aujourd’hui :
- Laser endoveineux et radiofréquence : une fibre ou un petit cathéter est introduit dans la veine, qui est chauffée pour se refermer. Ils sont présentés sur la page varices : laser endoveineux, radiofréquence et chirurgie.
- Sclérothérapie : un produit injecté (liquide ou mousse) irrite la paroi de la veine, qui se referme.
- Échothérapie HIFU : des ultrasons focalisés de haute intensité, appliqués à travers la peau sous contrôle échographique, chauffent la veine sans incision ni cathéter.
- Chirurgie, dont le stripping : elle reste une option, notamment pour certaines veines très dilatées ou tortueuses.
Pour l’échothérapie HIFU, trois rappels sont indispensables. Elle ne convient pas à toutes les veines ni à tous les patients, et l’indication se décide après un écho-Doppler veineux. Elle est plus récente que le laser endoveineux et la radiofréquence : le recul est donc plus court. Elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie, et un devis est remis avant l’acte. Retrouvez le détail sur la page traitement des varices sans chirurgie par HIFU.

En consultation : comment se choisit la technique
Le Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire et endovasculaire à Annemasse (Hôpital Privé Pays de Savoie), commence toujours par un écho-Doppler veineux. Il permet de vérifier quelle veine reflue, quel est son calibre, si son trajet est rectiligne ou tortueux, et si le réseau veineux profond est sain. Ces éléments orientent le choix beaucoup plus que le seul aspect des varices.
Les questions les plus fréquentes des patients sont : « Va-t-on m’opérer ? », « Combien de temps vais-je être arrêté ? », « Les varices vont-elles revenir ? ». Les réponses dépendent de la technique retenue et de votre situation. Aucune méthode ne permet de promettre l’absence de récidive : la maladie veineuse est évolutive et un suivi reste utile quelle que soit la technique. Le médecin présente les avantages, les limites, les effets indésirables possibles et les alternatives, afin que vous décidiez en connaissance de cause. Vous trouverez son parcours sur la page du Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire.
Idées reçues et réalités
« Le stripping est dépassé » : c’est inexact. Il garde des indications précises et reste pratiqué ; ce qui a changé, c’est qu’il n’est plus la seule option et que d’autres techniques sont souvent envisageables. « Sans chirurgie, c’est forcément moins efficace » : les études disponibles sur le laser et la radiofréquence montrent des résultats comparables à la chirurgie chez les patients adaptés, mais cela ne s’applique pas automatiquement à chaque technique plus récente, comme le HIFU, dont le recul est plus court.
« Une technique non invasive convient à tout le monde » : non plus. Certaines veines, par leur taille ou leur trajet, relèvent d’une autre approche. Enfin, « traiter la veine fait disparaître toutes les varices » : les varices de petit calibre peuvent nécessiter un geste complémentaire, comme une sclérothérapie. L’objectif est de corriger le reflux et de soulager les symptômes, avec des résultats variables d’un patient à l’autre.
Questions fréquentes
Le stripping des varices est-il encore pratiqué ?
Oui. Il reste une option, notamment lorsque la veine est très dilatée ou tortueuse, ou lorsque les techniques endoveineuses ne sont pas réalisables. Le choix se fait après un écho-Doppler et une discussion avec le patient.
Peut-on traiter ses varices sans chirurgie ?
Dans de nombreux cas, oui : laser endoveineux, radiofréquence, sclérothérapie ou HIFU évitent l’ablation de la veine. Ces techniques ne conviennent pas à toutes les situations, et leurs indications, limites et suites diffèrent.
Le stripping est-il douloureux ?
Il est réalisé sous anesthésie. Après l’intervention, des douleurs, des bleus et une gêne temporaire sont possibles, et la durée de convalescence varie selon les personnes. Votre chirurgien vous informe des suites attendues dans votre cas.
Les varices peuvent-elles revenir après un traitement ?
C’est possible, quelle que soit la technique, car la maladie veineuse peut évoluer. D’où l’intérêt d’un suivi, d’une surveillance échographique si nécessaire et de mesures d’hygiène de vie adaptées.
Si vous vous demandez quelle option correspondrait à vos veines, vous pouvez prendre rendez-vous pour un bilan veineux avec écho-Doppler auprès du Dr Seban, à l’Hôpital Privé Pays de Savoie à Annemasse, ou en visioconférence pour une première consultation, via la page contact ou la prise de rendez-vous en ligne.
Cet article est une information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale : seul un examen clinique et un écho-Doppler permettent de proposer un traitement adapté à votre situation.