Est-il dangereux d’avoir des varices ? Dans la grande majorité des cas, les varices sont bénignes : elles gênent, donnent des jambes lourdes et posent un problème esthétique, mais elles ne mettent pas la vie en danger. Elles ne sont toutefois pas toujours anodines : une varice peut se compliquer, et la maladie veineuse qui les entretient peut s’aggraver avec les années. Cet article explique ce qui est réellement à surveiller, ce qui relève des idées reçues et quand il faut consulter.

En bref : une varice est une veine superficielle dilatée dont les valvules ne ferment plus correctement. Elle est le plus souvent sans gravité, mais elle peut se compliquer d’une inflammation avec caillot (thrombose superficielle), de troubles de la peau, voire d’un ulcère veineux. Un écho-Doppler veineux permet de savoir dans quelle situation vous vous trouvez et si un traitement est utile.

Pourquoi une varice apparaît-elle, et que se passe-t-il dans la veine ?

Dans les jambes, le sang remonte vers le cœur contre la pesanteur. Les veines contiennent pour cela de petits clapets, les valvules, qui empêchent le sang de redescendre. Lorsque ces valvules deviennent étanches de façon imparfaite, le sang reflue vers le bas : c’est le reflux veineux. La pression augmente dans la veine, dont la paroi se dilate et devient tortueuse. C’est cette veine dilatée que l’on appelle une varice.

L’insuffisance veineuse chronique désigne l’ensemble des conséquences de ce reflux sur la jambe : sensation de lourdeur, gonflement en fin de journée, démangeaisons, modifications de la peau. Les facteurs favorisants sont connus : hérédité, âge, grossesses, station debout prolongée, surpoids. Cette maladie évolue le plus souvent lentement, ce qui explique que beaucoup de patients vivent des années avec leurs varices avant de consulter.

Schéma comparant une veine normale, aux valvules étanches, et une veine variqueuse, avec reflux du sang

Idée reçue n°1 : « une varice peut se boucher et envoyer un caillot au cœur »

Il faut distinguer deux situations. La thrombose veineuse superficielle est la formation d’un caillot dans une varice : la veine devient dure, rouge, douloureuse au toucher, comme un cordon. Elle est souvent localisée et d’évolution favorable. Elle doit pourtant être confirmée par un écho-Doppler, car un caillot proche de la jonction avec le réseau profond peut s’étendre vers les veines profondes.

La thrombose veineuse profonde, ou phlébite profonde, est une autre affection, plus sérieuse : le risque est qu’un fragment de caillot migre vers le poumon (embolie pulmonaire). Une jambe gonflée, rouge, chaude et douloureuse, surtout d’apparition récente et d’un seul côté, impose un avis médical urgent ; la page consacrée aux symptômes de la phlébite détaille ces signes. Avoir des varices augmente le risque de thrombose superficielle, mais ne signifie pas que l’on va faire une embolie.

Idée reçue n°2 : « tant que cela ne fait pas mal, il n’y a rien à craindre »

L’absence de douleur ne signifie pas l’absence d’évolution. À un stade avancé, l’insuffisance veineuse peut modifier la peau de la cheville et du bas de jambe : brunissement, eczéma, induration, puis parfois ulcère veineux, une plaie qui cicatrise mal et peut durer des mois. Ces complications justifient un suivi médical ; l’Assurance maladie (ameli.fr) détaille les conseils pratiques pour les varices, et la Haute Autorité de santé a publié dès 2006 une recommandation sur la prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse.

Les études ont aussi montré l’intérêt de traiter la cause. L’essai randomisé EVRA, publié dans le New England Journal of Medicine en 2018, a comparé le traitement précoce du reflux veineux superficiel au traitement tardif chez des patients ayant un ulcère veineux : la cicatrisation était plus rapide dans le groupe traité précocement. Les recommandations de la Société européenne de chirurgie vasculaire (ESVS, 2022) vont dans le même sens. Ce niveau de preuve concerne les patients porteurs d’un ulcère, pas toutes les varices.

Idée reçue n°3 : « traiter des varices, c’est forcément opérer »

Toutes les varices ne se traitent pas, et celles qui se traitent ne nécessitent pas toutes une opération. Selon la situation, on peut proposer la compression, la sclérothérapie (injection d’un produit qui ferme la veine), le laser endoveineux ou la radiofréquence, ou la chirurgie ; ces options sont présentées sur la page consacrée à l’opération des varices. Les recommandations ESVS de 2022 placent les techniques thermiques endoveineuses parmi les options privilégiées pour la grande veine saphène.

L’échothérapie HIFU est une technique non invasive : des ultrasons focalisés de haute intensité, guidés par l’échographie, chauffent la veine à travers la peau pour la refermer, sans incision ni cathéter. Elle est décrite sur la page traitement des varices sans chirurgie par HIFU. Elle ne convient pas à toutes les veines ni à tous les patients, et l’indication se décide après un écho-Doppler veineux. Elle est plus récente que le laser et la radiofréquence, avec un recul plus court. Elle n’est pas remboursée par l’Assurance maladie : un devis est remis avant l’acte.

En consultation : ce que l’on vérifie, et quand s’alerter

Quand un patient demande si ses varices sont dangereuses, la réponse ne repose pas sur l’aspect des veines, mais sur ce que montre l’écho-Doppler veineux. On y cherche l’origine du reflux (quelle veine, à quel niveau), le calibre des veines, l’état du réseau profond et l’absence de caillot. Deux jambes d’aspect proche peuvent avoir des situations très différentes : de grosses varices visibles peuvent être sans conséquence, alors qu’un reflux discret sur une veine saphène peut déjà expliquer des symptômes.

Les questions qui reviennent le plus souvent sont simples : « Est-ce grave ? », « Cela va-t-il s’aggraver ? », « Faut-il m’opérer ? ». Le Dr Guilhem Seban, chirurgien vasculaire et endovasculaire à Annemasse (Hôpital Privé Pays de Savoie), y répond en expliquant l’examen, en proposant, le cas échéant, une surveillance simple plutôt qu’un geste, et en précisant les signes qui doivent faire reconsulter. Traiter n’est pas une obligation : le choix dépend des symptômes, des risques de complications et de vos préférences.

Une consultation avec écho-Doppler est conseillée si vos varices sont gênantes, si vos jambes gonflent régulièrement, si la peau du bas de jambe change d’aspect, si une varice devient dure et douloureuse ou si une plaie ne cicatrise pas. En cas de saignement d’une varice, la surélévation de la jambe et une compression locale constituent les gestes immédiats avant de demander un avis médical.

Appelez le 15 sans attendre en cas de jambe gonflée, rouge, chaude et douloureuse, ou en cas d’essoufflement brutal, de douleur thoracique ou de crachat de sang : ces signes peuvent évoquer une phlébite profonde ou une embolie pulmonaire. Ne prenez pas, n’arrêtez pas et ne modifiez pas un traitement anticoagulant sans avis médical.

Questions fréquentes

Peut-on vivre avec des varices sans les traiter ?

Oui, beaucoup de personnes vivent avec des varices sans complication. Une surveillance régulière et, selon les cas, une compression ou des mesures d’hygiène de vie peuvent suffire. Un traitement est discuté lorsque les symptômes gênent ou lorsque l’écho-Doppler montre un risque de complications.

Une varice peut-elle éclater ?

Une varice peut saigner après un traumatisme ou parfois spontanément, surtout si la peau est fragilisée. Le saignement paraît souvent abondant mais se maîtrise en allongeant la personne, jambe surélevée, avec une compression directe. Un avis médical est ensuite nécessaire.

Les varices peuvent-elles disparaître seules ?

Non, une varice constituée ne disparaît pas spontanément, car le défaut des valvules persiste. Les mesures de compression et d’hygiène de vie soulagent les symptômes sans refermer la veine. Seul un traitement de la veine malade agit sur le reflux.

Quelle est la différence entre varice et phlébite ?

Une varice est une veine superficielle dilatée, alors que la phlébite profonde correspond à un caillot dans une veine profonde. Les deux peuvent coexister, mais la phlébite profonde est plus sérieuse et nécessite un avis urgent.

Si vous souhaitez savoir où en sont vos veines, vous pouvez prendre rendez-vous pour un bilan veineux avec écho-Doppler à l’Hôpital Privé Pays de Savoie à Annemasse, ou en visioconférence pour une première discussion : contactez le cabinet ou prenez rendez-vous en ligne.

Cet article est une information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale : seul un examen clinique et un écho-Doppler permettent de proposer un traitement adapté à votre situation.